04/12/2006

Le point de départ du harcèlement

 

L’abus de pouvoir

 

Ici, l’agression y est claire. L’agresseur qui le plus souvent est un supérieur hiérarchique

(patron, chef de service, directeur, président,…). Il a ce besoin d’accabler ses subordonnés de son pouvoir afin de se valoriser et de compenser sa fragilité identitaire (majoritairement, ce sont des gens qui ne sont pas sûrs d’eux), il doit dominer et il sait qu’en ayant le dessus, il joue sur la faiblesse de sa victime qui n’a qu’une crainte, le licenciement. Et, cette dernière n’a que d’autre choix que de subir et généralement en silence.

 

Le prétexte de cet abus de pouvoir est le bon fonctionnement de l’entreprise par

-         des horaires extensibles qui ne peuvent être négociés ;

-         une surcharge de travail dans l’urgence ;

-         des exigences incohérentes.

 

C’est un système de management peu efficace et peu rentable car il entraine une surcharge de stress qui peut occasionner des erreurs professionnelles et à amener les subordonnés en arrêt de maladie.

 

Peu importe les conséquences que cela engendrent, le supérieur hiérarchique a l’illusion qu’il obtient un maximum de rentabilité et qu’il pratique la meilleure des autorités sur les gens qui travaillent pour lui.

 

L’abus de pouvoir n’est pas forcément orienté spécifiquement à l’encontre d’un individu mais il s’agit d’aplatir plus faible que soi.

 

Dans l’entreprise, cette pratique peut se transmettre en cascade de la plus haute hiérarchie au plus petit chef.

 

Les manœuvres perverses

 

Lorsqu’un individu pervers (femme ou homme) entre dans un groupe de travail ou dans une communauté, il essaie de rassembler autour de lui les membres les plus malléables qu’il séduit.

 

Si une personne du groupe ne se laisse pas entrainer par les manœuvres du pervers, il est rejeté par le groupe et est pointé comme le bouc émissaire. Il devient un renégat au sein de ce groupe qu’il faut absolument abattre car il manque ouvertement de loyauté au groupe. Mais surtout, l’incorruptible est une grande menace pour le manipulateur. Son manque de docilité envers l’agresseur est inadmissible à ses yeux. Le bouc émissaire devient dès lors plus qu’un rival mais la personne à abattre.

 

Le pervers va créer, avec le reste du groupe, un lien social dans la critique commune de la personne isolée, par des potins et des ragots. Le groupe est sous l’influence et suit le pervers dans le cynisme et le manque de respect. Le groupe perd tout sens critique à force d’être dépendant d’un individu dépourvu de scrupules.

 

Un psychologue américain, Stanley Milgram, a étudié les phénomènes de soumission à l’autorité et vient à penser, lors de ses conclusions, que les gens ordinaires, vides de toute hostilité, peuvent, en s’acquittant simplement de leur tâche devenir acteurs d’un atroce processus de destruction.

Christophe Dejours, auteur de « Souffrance en France », ajoute à cette conclusion qu’il y a un phénomène de banalisation social du mal, car certaines personnes ont besoin d’une autorité supérieure pour parvenir à un certain équilibre. Et les pervers récupèrent à leur profit cette docilité et l’utilisent pour infliger la souffrance aux autres.

 

Le but principal du pervers est d’obtenir le pouvoir et de le garder entre les mains par n’importe quel moyen et/ou de cacher sa propre incompétence.

 

Afin de garder le cap, il faut qu’il se débarrasse à tout prix des personnes qui constituent pour lui un obstacle à son ascension ou serait trop lucide sur ses façons de procéder. Le moyen le plus subtil est de fragiliser et d’empêcher l’autre de se défendre.

 

Le manipulateur-pervers agit en toute impunité lorsqu’il sait que l’entreprise est désorganisée ou mal structurée, ou encore dépressive. Il suffit qu’il trouve la faille et qu’il l’agrandisse pour assouvir son désir de pouvoir.

 

Certains patrons agissent comme de bons pères de famille envers leurs salariés mais d’autres les considèrent comme des « objets, des choses » qu’ils utilisent sans vergogne.

 

L’employeur capture toute la créativité et l’initiative du salarié en le figeant, l’empêchant de penser, de sentir capable de travailler autre part.  Il va amener la victime à croire qu’il ne vaut pas plus que sa position dans l’entreprise. Si l’individu résiste à l’emprise du pervers, ce dernier va l’isoler en ayant des comportements déstabilisant :

·        on le croise sans lui dire bonjour ;

·        sans le regarder ;

·        on ignore ses suggestions ;

·        on refuse le contact.

 

Une fois l’isolement installé, on en arrive aux réflexions blessantes et désobligeantes et si ça ne suffit, on emploie la violence.

 

La perversité du manipulateur ne vise pas simplement le pouvoir mais également elle vise une jouissance à utiliser l’autre comme un objet, une marionnette. C’est de pouvoir réduire l’autre à une position d’impuissance pour ensuite la détruire en toute impunité.

 

Un pervers manipulateur ne supporte pas la moindre opposition à son pouvoir. Il transformera une relation conflictuelle en haine, au point de vouloir la destruction de partenaire.

 

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Commentaires

Voici un article remarquablement rédigé et dans lequel, malheureusement, de nombreuses personnes se reconnaîtront.

Écrit par : Onciale | 26/02/2010

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