13/04/2007

User du mépris, de la dérision, du sarcasme

User du mépris, de la dérision, du sarcasme

 

Quelques définitions :

 

Le mépris : sentiment par lequel on considère quelqu’un comme inférieur ou indigne d’estime, comme moralement condamnable. (Le Robert, langue française)

 

La dérision : mépris qui incite à rire, à se moquer de quelqu’un. (Le Robert, langue française)

 

Le sarcasme : ironie, raillerie acerbe, insultante. (Le Robert, langue française)

 

 

« Le mépris est l’arme du faible ; il est une protection contre des sentiments indésirables »

(Le harcèlement moral, M-F Hirigoyen)

 

Le mépris concerne principalement le partenaire conjugal ou le collègue de bureau haï, sur sa manière de raisonner, de la manière dont il agit mais aussi son entourage (amis et parents).

La personne qui méprise se cache dans l’ironie ou la plaisanterie pour ne pas déclarer ouvertement sa haine.

 

Ce comportement vise particulièrement les femmes : pour le pervers sexuel, il a un déni du sexe de la femme, et,  quant au  pervers narcissique, il dénie la femme dans son entièreté.

Ces individus prennent plaisir à tourner la femme en dérision par toutes formes de plaisanteries. Malheureusement, ils sont encouragés le plus souvent par les autres hommes qui ne prennent pas ses railleries dans les mêmes considérations. Pour monsieur tout le monde, dirons-nous, ce sont des blagues entre copains devant à une petite chope de manière de se détendre comme la gent masculine sait si bien le faire. Mais, le pervers sexuel ou narcissique, il en est tout autre, c’est un besoin viscéral d’écorcher un maximum l’image de la femme. Car pour lui, la femme n’est qu’un être inférieur au bas mot, bonne à être qu’une simple chose à tout faire.

 

Il suffit de regarder ses petits talk-show français à l’américaine où les hommes sont généralement en accord avec le mari méprisant à l’égard de sa femme et les femmes qui, de leur côté, sont outrées par les dires de ce même mari.

 

Il ne faut pas s’y méprendre, il y a aussi des femmes manipulatrices.

 

Quel que soit le sexe de la personne manipulatrice, elle use de la dérision, non pour elle-même, mais pour se moquer de tout et de rien afin d’obtenir la confiance des autres. Elle fait tomber les garde-fous pour créer un environnement désagréable et place une communication dénaturée pour mieux viser sa victime.

 

Dans la dérision, sont introduites les méchancetés et les calomnies suscitées par le sentiment envieux que le manipulateur ressent vis-à-vis de sa victime.

 

Comme je l’ai déjà mentionné dans le message « altérer la communication », le manipulateur est  persuadé qu’il connaître parfaitement le mode de fonctionnement de sa victime. Il va utiliser la dérision pour se donner le droit de se moquer de la personne en faisant de son interlocuteur/observateur son allié pour mieux entacher sa cible.

Le plus souvent, la victime prend alors au pied de la lettre les critiques de son agresseur et finit par croire qu’elles sont légitimes.

Les railleries et les remarques désagréables sont supportées comme le prix à payer pour conserver une relation avec une personne tout au plus difficile.

 

Pour se donner une bonne contenance, le manipulateur a un besoin d’enliser l’autre. Il procède par des petites réflexions déstabilisantes, en présence d’un ou plusieurs observateur(s), à partir de petites choses anodines peintes de manières exagérées. Ce qui lui importe, c’est de pouvoir embarrasser sa victime. L’observateur perçoit une hostilité mais n’en étant pas plus sûr, il pense qu’il s’agit plus d’une plaisanterie sans conséquence. En effet, le manipulateur semble taquiner, alors qu’en réalité, il attaque sur les points faibles de la personne visée.

 

Sans que l’on puisse déterminer à quel moment l’agression a réellement commencé et sans que cela en soit une, elle se manifeste de façon légère, par allusions, par sous-entendus pour agacer la victime qui finira à un moment donné par être agressive.

L’agresseur tourne la situation à son avantage en mettant en avant les désirs agressifs de sa victime sans se compromettre.

 

Dans son plaisir de dénigrer, il aime affubler l’autre de surnoms qui s’appuient sur ses défauts. Ces sobriquets, plus que blessants, sont la majeur partie acceptés par l’entourage qui en rit et qui devient complice de la violence morale.

 

Peinée par les remarques blessantes et qui ne sont pas aplanies par des marques de gentillesses, la victime finit par se mettre en dérision pour ne pas monter qu’elle est meurtrie par le comportement de ses interlocuteurs.

 

Par cette méthode de communication, l’agresseur trouve le plaisir de la polémique, la jouissance de pousser l’autre à s’opposer et de le mettre à bout.

Dans sa provocation, le manipulateur va soutenir un point de vue un jour et dire le contraire le lendemain, juste pour relancer le débat, ou pour choquer afin de faire réagir son partenaire dans l’agressivité.

 

La victime finit par ne plus réagir à l’agression, soit parce qu’elle a tendance à excuser l’autre (dans le couple), soit parce qu’elle veut éviter, au maximum, l’affrontement susceptible d’envenimer un peu plus sa relation de travail.

 

C’est ainsi que la violence s’installe insidieusement. La victime, par habitude, ne repère plus le message agressif mais se ronge inconsciemment de l’intérieur par les incessants rabaissements de son agresseur.

Le manipulateur, séducteur averti, a un besoin constant d’un auditoire pour se valoriser. Un auditoire  peu sensibilise aux humiliations que subit l’autre. Il n’est pas rare qu’il demande au groupe de participer bon gré, malgré, à son œuvre de démolition.  

 

 Il suffit pour désorienter la victime de :

 

- se moquer de ses convictions, de ses goûts ;

- ne plus lui adresser la parole ;

- la ridiculiser en public ;

- la dénigrer devant les autres personnes ;

- la priver de s’exprimer ;

- de rire de ses points faibles ;

- proférer des allusions acerbes, sans en donner des explications ;

- mettre en doute ses capacités de raisonnements et de décisions.

 

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Commentaires

J'adore ces explications. Tout y est tellement bien décrit... Merci pour le lien que tu m'as envoyé... à bientôt bisous

Écrit par : vallou | 15/04/2007

Bravo Je vie présentement de la manipulation de mes parents et c'est exactement ce que vous décrivez qu'ils me font sentir et qu'ils me traite

Écrit par : Nicole | 03/07/2008

Bravo Je vie présentement de la manipulation de mes parents et c'est exactement ce que vous décrivez qu'ils me font sentir et qu'ils me traite

Écrit par : Nicole | 03/07/2008

Coucou les amis,
Désolé mais il est clair à mes yeux que ce livre est harcelant et méprisant avec le mépris lui-même ... Qu'en pensez-vous ? Le mépris fait partie du monde et la vie elle-même est harcelante de par ses inattendus, ses inconforts, .... J'aime le Pharmakos grec, le serpent qui se mord la queue, le remède se trouve dans le poison : prenons l'exemple du mépris : pour résoudre le mépris, il s'agit de mépriser le mépris. Le mien d'abord envers ceux que je juge de méprisant ... Mépriser le mépris pousse, chez moi qui le pratique, à quelque chose qui ne vient pas de moi : l'écoute du coeur au-delà du mépris et du harcèlement. C'est tout le paradoxe. Oui se protéger, mettre à distance peut être essentiel. En même temps, attention à ne pas refléter le visage de l'ennemi en le méprisant à son tour pour ensuite aller se pavaner à gauche, à droite devant des alliés et remercier eux ou le divin "de ne pas m'avoir fait comme eux". C'est le comble du mépris !

Il y a un art subtile du mépris ... celui des dénégateurs, des innocents et des inconscients ! J'en parle ici :

http://clidre.skyrock.com/2924042333-Grima-et-Ka-Mowgli-ou-l-art-subtile-de-la-meprise.html

Bien à tous,
Clidre

Écrit par : clidre | 20/09/2010

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