14/05/2007

Le paradoxe

 

Comment l’agresseur va-t-il s’y prendre pour affaiblir la confiance de sa victime en l’humiliant et en la mortifiant ?

 

Tout simplement en corrompant ce qu’il y a de mieux chez sa victime par des offres, des présents, des promesses et en l’impliquant dans des actions hasardeuses, qui permettront à l’agresseur de les divulguer à autrui.

 

Le manipulateur, dans son agression, a besoin d’ébranler l’autre, de le faire douter sur son raisonnement et sur ses émotions. Il a besoin que sa victime perde son identité afin qu’elle ne puisse plus penser et comprendre ce qui lui arrive. Elle doit absolument rester à sa disposition.

 

Le processus de déstabilisation se déroule en double contrainte, c’est-à-dire qu’une chose est dite verbalement et le contraire est manifesté par le non verbal. C’est ce qu’on appelle un discours paradoxal, composé d’un message explicite et d’un sous-entendu, dont le manipulateur nie l’existence.

 

Le discours paradoxal se base sur le besoin de semer le doute sur des évènements anodins de la vie quotidienne. La victime s’ébranle sur cette mise en doute et finit par ne plus savoir qui a raison ou qui a tort.

 

Si la victime tente de nommer ce qu’elle ressent, elle se fait traiter de personne instable qui interprète tout de travers.

 

Le paradoxe :

 

1)      vient d’un décalage entre les paroles prononcées et le ton sur lesquelles elles sont émissent.

L’observateur témoin de l’action n’y verra que du feu dans la portée de ces paroles puisqu’il n’est pas visé par cette action. Seule la victime se sent concernée dans cette attitude.

2)      Consiste à faire éprouver à l’autre de la tension et de l’haine sans que rien ne soit exprimé à son égard.

 

Les discours paradoxaux sont très difficiles à repérer puisque leurs buts est de rendre l’autre dans la confusion tout en le gardant sous son emprise et de s’assurer de pouvoir lui donner tort.

 

Il ne faut pas oublier que la finalité de toutes ces actions est de pouvoir, pour l’agresseur, de contrôler les sentiments et les comportements de sa victime. Mais surtout, l’agresseur cherche à retrouver sa position dominante en obtenant de sa victime l’acceptation de  mortification et qu’elle se disqualifie elle-même.

 

Conflit normal

 

1)      il y a un vrai débat

2)      il y a un sujet ouvert au conflit

3)      éclat de voix

4)      énervement de la part des 2 parties

5)      il y conciliation

6)      il y a des excuses

 

Conflit avec un manipulateur

 

1)      le vrai débat n’existe pas

2)      Le manipulateur n’évoquera jamais le sujet réel du conflit au contraire il le nie

3)      il n’y a pas d’éclat de voix de la part de l’agresseur.

4)      Le manipulateur ne s’énerve pas mais se moque de la colère de l’autre et le tourne en ridicule

5)      il n’y a pas de conciliation

6)      pas d’excuse

 

 

En d’autre terme, dans un conflit normal, il y a un échange entre les personnes. Dans le conflit avec un manipulateur, il n’y pas d’échange possible car sa victime est un objet sans importance à ses yeux et donc, il n’y pas lieu de polémiquer.

 

Le manipulateur bloque la communication par des discours paradoxaux afin de placer son interlocuteur dans l’impossibilité de donner des réponses appropriées sur une situation qu’il ne comprend pas. Le manipulateur fait en sorte que la victime s’emberlificote dans la recherche d’une solution pour une situation dans laquelle elle inapte à pouvoir se défendre.

 

Le manipulateur use de messages subtils qui ne sont pas perceptibles immédiatement comme étant agressifs ou destructeurs puisqu’il utilise la double contrainte qui embrouille le message principal. Ce décodage ne sera possible lorsque la victime sera sortie de l’emprise de son agresseur.

 

« La « démentalisation »dévalorise et disqualifie un individu mais diffuse également à tout l’entourage, qui ne sais plus qui a fait quoi ou qui a dit quoi. Au-delà de la personne visée, qu’il faut paralyser pour réduire au silence, c’est toute une famille ou l’entourage professionnel ou relationnel qui se trouve dans un état de grande confusion. » (Marie-France Hirigoyen)

 

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Commentaires

Quand je lis tout ça... Je me revois dans ma dernière relation (autant que durant mon mariage!!!). Et oui, je suis retombée sur un type identique (la violence physique en moins!)... Mais ça m'aide vraiment de venir lire ces explications sur ton blog. Sans ça, je me pose des questions, et je culpabilise à fond! J'essaie de tenir le coup et de ne plus l'appeler, c'est dur! Mais je me force. Il le faut!
Bonne soirée, bisous.

Écrit par : vallou | 14/05/2007

Justement Vallou, si j'ai créé ce blog, c'est pour que les personnes qui subissent de la violence morale ou même physique comprennent le processus du harcèlement et de ne plus culpabiliser à la place de leur agresseur.
A très bientôt

Écrit par : Laurence | 15/05/2007

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