21/07/2007

l'autre est poussé dans ses derniers retranchements

 

violence au travaillLorsque la phase d’emprise est terminée, l’agresseur passe à l’étape suivante par des processus d’injonction qui vont pousser la victime à agir contre le harceleur afin de la dénoncer comme étant « une mauvaise personne ». Il faut que le partenaire harcelé paraisse responsable de ce qui lui arrive.

 

Le harceleur va se servir d’un défaut de l’autre. Genre : la tendance dépressive, hystérique ou caractérielle, afin d’amener la victime a se discrédite elle-même.

 

Entraîner la victime à la faute permet à l’agresseur de la critiquer ou de la rabaisser, mais avant tout,  ce processus donne au partenaire une image négative de lui-même et renforce ainsi sa culpabilité.

 

Si la victime ne possède pas assez de self-control, il suffit à l’agresseur de la provoquer un peu plus et d’user du mépris pour obtenir une réaction qu’il pourra ensuite reprocher. L’exemple typique est d’inciter à la colère : l’agresseur va utiliser de la moindre des provocations pour que la victime ait un comportement agressif et ce, devant témoin afin que ce dernier soit obligé d’appeler la police ou un supérieur hiérarchique pour faire constater son mauvais comportement.

 

Le plus dramatique, c’est lorsque l’agresseur pousse la victime à se retourner contre elle en l’incitant vers des actes de suicide afin de prouver à l’entourage le déséquilibre mental qui la hante et dont il est victime.

 

Face à une telle agression psychologique, la victime, pour retrouver sa liberté est obligée d’avoir un sursaut de violence. Mais malheureusement, en présence de témoin, la victime sera étiquetée comme étant responsable de la crise et comme étant atteinte pathologiquement.

 

Marie-France Hirigoyen le dit bien : « Coupable pour le pervers, il (le harcelé) semble être l’agresseur pour les observateurs extérieurs. Ce que ceux-ci ne voient pas, c’est que la victime est mise à une place où elle ne peut plus respecter le modus vivendi qui est pour elle un piège. Elle est prise dans une double entrave et, quoi qu’elle fasse, elle ne peut s’en sortir. Si elle réagit, elle génératrice du conflit. Si elle ne réagit pas, elle laisse se répandre la destruction mortifère. »

 

La jouissance du harceleur est de pointer la faiblesse de sa victime ou à déclencher une attitude agressive qui la conduira à se désavouer. Il utilise un processus qui pousse la victime à ne pas être fier de soi.

A partir d’agissements réguliers, l’entourage lui met une étiquette de caractériel, d’alcoolique, de suicidaire ou encore de dépressif. C’est comme ça que la victime complètement dépouillée de sa personnalité, essaie de se justifier comme si elle était réellement coupable.

Dans son processus de l’agresseur prend doublement plaisir : en dupant ou en humiliant sa cible et ensuite en rappelant devant la victime son humiliation.

Pendant que la victime s’enlise, le harceleur tire profit de la situation pour se  présenter comme étant la réelle victime.

 

Je cite M-F Hirigoyen : « Puisque rien n’a été dit, puisqu’aucun reproche n’a été fait, aucune justification n’est possible. Afin de trouver une issue à cette situation impossible, la victime peut être tentée de fonctionner elle-même dans le non-dit et la manipulation. La relation devient équivoque : qui est l’agresseur, qui est l’agressé ? L’idéal pour le pervers est de parvenir à ce que l’autre devienne « mauvais », ce qui transforme la malignité en état normal, partagé de tous. Il cherche à injecter en l’autre ce qui est mauvais en lui. Corrompre est le but extrême. Il n’a pas plus grande satisfaction à son tour, ou qu’il amène plusieurs individus à s’entretuer.

            Tous les pervers, qu’ils soient sexuels ou narcissiques, cherchent à entraîner les autres dans leur registre puis à les amener à pervertir les règles. Leur force de destruction tient beaucoup à la propagande qu’ils font pour démontrer à l’entourage à quel point l’agressé est « mauvais », qu’il est donc normal de s’en prendre à lui. Parfois, ils réussissent, et se créent des alliés qu’ils entraînent hors de leurs limites par un discours de dérision et de mépris des valeurs morales. »

 

Le plus grand des échecs du harceleur est de ne pas arriver à enrôler les autres dans le registre de la violence, et donc, c’est la seule possibilité d’endiguer la propagation du processus de harcèlement.

 

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Commentaires

Mais comment le faire arrêter? C'est une question que je t'ai déjà posée... Je sais, il n'existe pas de réponse toute faite. Malheureusement... Là, tout va bien. Plus de nouvelles depuis dimanche. Que nous prépare-t-il?
Bisous, bonne journée.

Écrit par : vallou | 25/07/2007

Réponse à Vallou Dans les prochaines semaines, je vais essayer de donner des petites astuces pour ne pas rentrer dans l'engrengage du manipulateur. Comme tu dis, il n'y a pas de réponse toute faite, c'est selon la nature de chacun d'entre nous....

Écrit par : Laurence | 25/07/2007

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