28/06/2007

Tenir tête à l'emprise du manipulateur,...

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c’est s’exposer à la haine.

 

Un certain moment, la victime n’en peut plus de supporter ce sévisse moral et ose dire « Stop, ça suffit !».  Elle veut en finir en se posant comme une personne et veut sortir de cette prison psychique.

 

A cette phase de réveil, le manipulateur montre au grand jour sa haine pour sa victime.  Cette haine qui est de la colère.  Il est en colère car il ne tient plus sa victime sous sa  domination.  Alors, il faut qu’il la fasse taire.

 

Comment ?

 

Par une colère ouverte faite de violence verbale :

-          coups bas et injures ;

-           paroles humiliantes ;

-          menaces, chantage (affectif ou d’emploi)

-          dérision et j’en passe.

Elle peut être, selon les circonstances, accompagnée d’une violence physique afin de pétrifier sa victime pour qu’elle revienne dans sa position de subordination.

 

Cette tactique permet à l’agresseur de se protéger de la communication qu’il refuse délibérément d’établir.

 

La victime a besoin de se libérer en dénonçant, en essayant de trouver les mots pour exprimer cette torture insupportable qu’elle a subi pendant de longs mois, si pas durant des années.

Malheureusement, lorsque  celle-ci révèle les faiblesses de son persécuteur, celui-ci exploite les révélations  contre elle. Il ose, non,  il a le culot de se faire passer aux yeux des autres pour la victime.

« Ce n’est elle la persécutée dans la relation, mais c’est moi. Vous avez entendu tout ce qu’elle ose dire à mon sujet. C’est une vraie folle ! Elle dirait n’importe quoi pour me faire passer pour quelqu’un que je ne suis pas. »

 

Il ne faut pas oublier que le schéma de la haine présent ici, ne fait pas partie du schéma ordinaire de la haine qui fait mal par amour mais  la haine destructrice de ce l’autre possède et que l’on veut ardemment s’approprier. C’est une haine de frustration.

L’agresseur se sent persécuté par les qualités que l’autre possède et justifie ces actes comme étant de la légitime défense.

 

En outre, l’agresseur projette sa haine. Il est persuadé que la haine qu’il porte à sa victime est réciproque. Il voit en sa victime une personne néfaste, une bête destructrice à éliminer. Quoi que la victime puisse dire ou faire, elle est coupable de délit d’intention. Tout est de sa faute et non de la sienne.

 

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21/06/2007

Disqualifier, diviser pour mieux régner, jalouise, abus de pouvoir

Comment disqualifier  une personne ?

Tout simplement en lui faisant perdre ou diminuer sa confiance et son estime de soi. Le manipulateur va retirer toute qualité à sa victime, il va  répéter sans cesse qu’elle ne vaut rien, jusqu’à ce qu’elle le pense vraiment.

Cela se fait d’abord par le non verbal :

-          Regards méprisants ;

-          Soupirs excédés ;

Ensuite, dans le verbal indirect :

-          Sous-entendus ;

-          Allusions déstabilisantes ;

-          Remarques désobligeantes ;

-          Critiques indirectes qui sont le plus souvent dissimulées dans une plaisanterie ou dans de la raillerie.

Il est rare de pouvoir se défendre face à ce genre d’attitude.

 

Le harceleur fini par convaincre sa victime et lui impose sa vision erronée de la réalité. Ces tactiques sont destinées à enfoncer l’autre pour mieux se rehausser.

 

Diviser pour mieux régner

Il ne faut pas oublier que le harcèlement est un acte unilatéral. Il n’y a aucun consensualisme de la part de la victime lorsque l’agresseur moral a entamé son jeu destructeur.

Comment atteindre sa victime ? Comment l’enliser sans porter le chapeau, sans être accusé d’être l’auteur des faits ?

En divisant.

En effet, c’est un as pour monter les gens les uns contre les autres en provoquant des rivalités et des jalousies ou mieux encore en colportant des rumeurs. Quelle dose de jouissance pour lui d’avoir la capacité de porter le discrédit par l’intermédiaire de l’assemblée. Ni vu ni connu. Son regard et son attitude ne suffisent pas pour détruire, il lui faut l’aval des autres de manière sournoise.

La jalousie

Amorcer la jalousie pour arriver à l’envie est une tactique qui permet à l’agresseur  de se maintenir hors du champ de la colère ou de la haine. En établissant le sentiment de l’envie chez sa victime, l’agresseur la conduit  sur le même plan que lui : « Que tu le veuilles ou non, nous sommes pareils ! ». Par cette attitude, le harceleur fait un transfert de ce qu’il ressent. Sans se rendre compte, il se dévoile au travers de sa victime et il se renvoie les qualités de celle-ci qu’il aspire tant à posséder.

Lorsque la victime n’est pas dupe du jeu de l’envie, le harceleur bouillonne à l’intérieur et s’empresse de lui imposer son pouvoir de manière plus intensif.

L’abus de pouvoir

C’est restreindre l’autre dans un comportement de subordination. C’est un besoin de dominer.

 

Le plus souvent, le pouvoir se fait par la prise de parole dans laquelle l’agresseur veut démontrer  qu’il est détenteur de la vérité universelle. Il connaît tout, il sait tout, il a raison sur tout mais si l’on va dans la profondeur de son discours, il ne sait rien. C’est un discours de surface.

L’abus de pouvoir s’instaure par :

*Un processus de domination, l’agresseur a besoin que sa victime soit soumise, subjuguée, contrôlée. Si celle-ci se rebiffe, le harceleur mettra en avant une agressivité et une méchanceté mesquine de la part de sa victime afin de prétexter une nuisance pour les autres.   

*Il fonctionne de manière totalitaire qui est basé sur la peur pour obtenir une obéissance passive.

*Il a besoin de rejeter sa victime pour se sentir rassurer sur le  besoin inconditionnel qu’a sa victime envers lui.

 

L’abus de pouvoir est tout simplement de la tyrannie au sens propre. Cependant, elle est nié par l’agresseur qui l’utilise par la douceur et de la bienveillance envers l’autre.

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14/05/2007

Le paradoxe

 

Comment l’agresseur va-t-il s’y prendre pour affaiblir la confiance de sa victime en l’humiliant et en la mortifiant ?

 

Tout simplement en corrompant ce qu’il y a de mieux chez sa victime par des offres, des présents, des promesses et en l’impliquant dans des actions hasardeuses, qui permettront à l’agresseur de les divulguer à autrui.

 

Le manipulateur, dans son agression, a besoin d’ébranler l’autre, de le faire douter sur son raisonnement et sur ses émotions. Il a besoin que sa victime perde son identité afin qu’elle ne puisse plus penser et comprendre ce qui lui arrive. Elle doit absolument rester à sa disposition.

 

Le processus de déstabilisation se déroule en double contrainte, c’est-à-dire qu’une chose est dite verbalement et le contraire est manifesté par le non verbal. C’est ce qu’on appelle un discours paradoxal, composé d’un message explicite et d’un sous-entendu, dont le manipulateur nie l’existence.

 

Le discours paradoxal se base sur le besoin de semer le doute sur des évènements anodins de la vie quotidienne. La victime s’ébranle sur cette mise en doute et finit par ne plus savoir qui a raison ou qui a tort.

 

Si la victime tente de nommer ce qu’elle ressent, elle se fait traiter de personne instable qui interprète tout de travers.

 

Le paradoxe :

 

1)      vient d’un décalage entre les paroles prononcées et le ton sur lesquelles elles sont émissent.

L’observateur témoin de l’action n’y verra que du feu dans la portée de ces paroles puisqu’il n’est pas visé par cette action. Seule la victime se sent concernée dans cette attitude.

2)      Consiste à faire éprouver à l’autre de la tension et de l’haine sans que rien ne soit exprimé à son égard.

 

Les discours paradoxaux sont très difficiles à repérer puisque leurs buts est de rendre l’autre dans la confusion tout en le gardant sous son emprise et de s’assurer de pouvoir lui donner tort.

 

Il ne faut pas oublier que la finalité de toutes ces actions est de pouvoir, pour l’agresseur, de contrôler les sentiments et les comportements de sa victime. Mais surtout, l’agresseur cherche à retrouver sa position dominante en obtenant de sa victime l’acceptation de  mortification et qu’elle se disqualifie elle-même.

 

Conflit normal

 

1)      il y a un vrai débat

2)      il y a un sujet ouvert au conflit

3)      éclat de voix

4)      énervement de la part des 2 parties

5)      il y conciliation

6)      il y a des excuses

 

Conflit avec un manipulateur

 

1)      le vrai débat n’existe pas

2)      Le manipulateur n’évoquera jamais le sujet réel du conflit au contraire il le nie

3)      il n’y a pas d’éclat de voix de la part de l’agresseur.

4)      Le manipulateur ne s’énerve pas mais se moque de la colère de l’autre et le tourne en ridicule

5)      il n’y a pas de conciliation

6)      pas d’excuse

 

 

En d’autre terme, dans un conflit normal, il y a un échange entre les personnes. Dans le conflit avec un manipulateur, il n’y pas d’échange possible car sa victime est un objet sans importance à ses yeux et donc, il n’y pas lieu de polémiquer.

 

Le manipulateur bloque la communication par des discours paradoxaux afin de placer son interlocuteur dans l’impossibilité de donner des réponses appropriées sur une situation qu’il ne comprend pas. Le manipulateur fait en sorte que la victime s’emberlificote dans la recherche d’une solution pour une situation dans laquelle elle inapte à pouvoir se défendre.

 

Le manipulateur use de messages subtils qui ne sont pas perceptibles immédiatement comme étant agressifs ou destructeurs puisqu’il utilise la double contrainte qui embrouille le message principal. Ce décodage ne sera possible lorsque la victime sera sortie de l’emprise de son agresseur.

 

« La « démentalisation »dévalorise et disqualifie un individu mais diffuse également à tout l’entourage, qui ne sais plus qui a fait quoi ou qui a dit quoi. Au-delà de la personne visée, qu’il faut paralyser pour réduire au silence, c’est toute une famille ou l’entourage professionnel ou relationnel qui se trouve dans un état de grande confusion. » (Marie-France Hirigoyen)

 

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